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Être doux avec moi
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La lettre bienveillante

6 min

Écrivez-vous les mots que vous offririez à un ami qui traverse exactement ce que vous vivez.

Écoutez un instant la façon dont vous vous parlez quand vous traversez une période difficile. Pour beaucoup d'entre nous, ce dialogue intérieur est d'une dureté qu'on n'oserait jamais infliger à un ami. Ce réflexe n'a rien d'étonnant : on croit souvent, à tort, que se traiter durement est le meilleur moyen de tenir ou de s'améliorer. En réalité, la dureté ajoute de la souffrance à la souffrance. La lettre bienveillante propose l'inverse : prendre quelques minutes pour vous écrire, à vous-même, les mots que vous offririez spontanément à quelqu'un que vous aimez. C'est un exercice d'auto-compassion simple, un peu déroutant la première fois, et souvent étonnamment apaisant.

La pause

Écrivez-vous une lettre comme vous écririez à un ami qui traverse exactement ce que vous vivez.

Un exemple

« Cher moi, je sais que c'est dur en ce moment, et c'est normal de te sentir fatigué… »

L'astuce

Gardez-la et relisez-la dans les moments creux.

Pourquoi ça marche

L'auto-compassion (travaux de Kristin Neff) réduit l'anxiété et la dépression. S'adresser à soi avec la chaleur qu'on offre aux autres active les circuits de l'apaisement.

Les bienfaits

  • Apaisement émotionnel
  • Réduction de l'auto-critique
  • Sentiment de soutien

Pour aller plus loin

Bon à savoir

Questions fréquentes

Comment écrire une lettre bienveillante à soi-même ?
Commencez par « Cher moi » ou par votre prénom, puis décrivez ce que vous traversez comme le ferait un ami attentif : sans minimiser, sans juger. Reconnaissez la difficulté, rappelez que vous faites de votre mieux, terminez par un encouragement concret. Peu importe le style ou l'orthographe : personne ne la lira. Cinq à dix minutes suffisent largement pour une première lettre.
L'auto-compassion, n'est-ce pas de la complaisance envers soi-même ?
Non, et la recherche montre plutôt l'inverse : les personnes qui se traitent avec bienveillance après un échec réessaient plus volontiers que celles qui se punissent. La complaisance consiste à nier le problème ; l'auto-compassion le reconnaît pleinement, mais sans y ajouter une couche de mépris de soi. On peut être exigeant avec ses actions tout en restant doux avec la personne qui les accomplit.
Est-ce normal de pleurer en écrivant une lettre à soi-même ?
Oui, c'est fréquent et plutôt bon signe : recevoir de la douceur, même de sa propre main, peut faire remonter une émotion longtemps contenue. Ces larmes marquent souvent un relâchement, pas une aggravation. Laissez-les passer, puis gardez la lettre : la relire dans les moments creux prolonge son effet. Si l'écriture réveille une détresse qui vous déborde, parlez-en à un professionnel.

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